Aujourd’hui, je vais vous demander de faire une pause, et de vous imaginer un instant une femme bolivienne…
Parvenez-vous à vous représenter cette indigène, au petit chapeau melon, qui franchit pieds nus les sommets enneigés de l’altiplano ? Sur son dos, elle porte un jeune enfant dont la tête dépasse à peine des nombreux plis d’une écharpe multicolore… Dans sa main droite, l’extrémité d’une longue corde la relie à son lama, compagnon dans son exode, avec ses lourds sacs chargés de provisions…
Si elle semble marcher inlassablement, outre pour lutter contre des engelures aux pieds qui devraient maintenant être bien réelles, c’est probablement pour continuer à alimenter cette vision exotique et fantasmée que nous pouvons avoir d’un type de femme bolivienne : la cholita !
Alors non, toutes les femmes de Bolivie ne sont pas des cholitas. Et toutes les cholitas ne sont pas non plus toujours entourées de lamas !!!
Par opposition aux cambas, qui habitent les plaines (est) de la Bolivie, les cholitas sont des collas, c’est à dire des personnes qui habitent ou sont nées dans la région andine (ouest de la Bolivie). Leur célébrité dans l’imaginaire collectif est due à la concentration du tourisme dans cette même zone (salar d’Uyuni, La Paz, lac Titicaca…).
Plus précisément, les cholitas sont des femmes collas qui ont choisi de conserver la culture et les traditions de peuples originaires, aymara et quechua. Si leur présence saute aux yeux, c’est avant tout par leurs vêtements !
Ainsi, lorsque je suis entré en Bolivie (depuis La Quiaca), j’ai été le premier surpris par ce joyeux tourbillon de couleurs. Par les mélanges magnifiques de motifs et d’étoffes dans les polleras, robes des cholitas, ou par les ornements des mantas, châles qu’elles portent sur celles-ci.
Bien sûr, impossible d’oublier le bombín, ce fameux chapeau melon qui trône sur la tête des cholitas et a fait leur renommée. D’origine coloniale, il est aujourd’hui la marque de cette esthétique autochtone.







